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COMMUNIQUE N°02/KIS/AJDHH/2021

TSHOPO : Encore un naufrage évitable qui endeuille des familles à l’aube d’une nouvelle année…

L’ONG Actions pour la Justice, le Développement et les Droits Humains, AJDDH en sigle, apprend avec effroi le naufrage sur le fleuve Congo de la baleinière « sacré cœur » ce vendredi 08 janvier 2021, vers 19h30 alors qu’elle venait à peine de quitter la ville de Kisangani au port connu sous le nom de « jaloux jaloux » pour se rendre dans le territoire de BASOKO en passant par ISANGI. 

Cette embarcation de fortune, fabriquée à l’aide du bois et des planches aurait surchargé son cargo avec près de 600 sacs de ciment, plusieurs futs d’essence ainsi que des barres de fer, sans compter les passagers qui amenaient avec eux toute forme de marchandises diverses. Selon certaines sources concordantes, le bilan provisoire de cet accident ferait état de 221 rescapés, plusieurs disparus, et 5 morts repêchés sous l’eau du fleuve. 

Enième accident sur le fleuve Congo dans la province de la Tshopo, laisse transparaitre le dilettantisme de notre système de navigation fluviale en mal d’exécution des règles qui régissent ce secteur. Il reflète aussi, la témérité et la fragilité des mécanismes privés développés par les acteurs économiques pour contourner les défis de transport et communication entre les centres  et les périphéries.  

 Dans le noble but de concilier l’impératif de préserver la sécurité des voyageurs et celui de faciliter les  échanges économiques entre les centres et les périphéries, des solutions conjoncturelles (à court terme) et durables (à long terme) doivent être pensées par les autorités et les opérateurs économiques. 

Ces accidents d’embarcation à répétition pour des raisons évoquées indiquent clairement la défaillance des responsables des services de transport en République Démocratique du Congo au niveau national comme provincial.

Ainsi, AJDDH demande aux autorités :

  • De suspendre tous les responsables du port « jaloux jaloux » ayant autorisé la navigation de cette embarcation ;
  • D’ouvrir des enquêtes pour établir des responsabilités afin d’organiser des poursuites judiciaires à l’encontre des présumés coupables par une audience foraine ;

Pour des solutions à court terme,  AJDDH recommande  au Ministre ayant dans ses attributions le  Transport et voie de communication :

  • De sanctionner toute défaillance des responsables des ports sur l’ensemble du territoire national ;
  • De renforcer le contrôle systématique de chargement de toutes les baleinières et autres embarcations au point de départ comme au point d’arrivée ;
  • D’appliquer formellement l’interdiction des navigations nocturnes comme l’exige la loi en la matière ; 

Et à long terme, AJDDH recommande : 

  • Aux opérateurs économiques locaux, propriétaires de ces baleinières de se constituer en coopérative et entrevoir la fabrication des bateaux modernes à même de faciliter les trafics commerciaux sécurisés de BASOKO-ISANGI-KISANGANI. 
  • Aux autorités politico-administratives d’implémenter des politiques publiques efficaces de transport et communication pouvant interconnecter les territoires et le chef-lieu de la province en minimisant les risques sécuritaires. 

Fait à Kinshasa, le 11/01/2021

Pour l’ONG-AJDDH

Me Elly KAYEMBE

Directeur Exécutif

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